Venneri, Pestell & Caffara, 2002

Titre: Independent representations for cursive and print style: Evidence from dysgraphia in Alzheimer’s disease.
Auteurs : Annalena Venneri, Simon J. Pestell & Paola CaffarraRevue
Cognitive Neuropsychology, 2002, 19 (5), 387-400

Pour rappel, les dysgraphies centrales concernent les atteintes des traitements de haut niveau, pré-graphémiques. Ces traitements convergent vers le buffer graphémique, cette mémoire-tampon qui stocke temporairement les représentations graphémiques durant la réalisation des traitements post-graphémiques, à savoir la conversion de ces représentations abstraites en lettres écrites ou dites (épellation).
Lorsque l’atteinte concerne ces traitements post-graphémiques(lesquels divergent pour la production écrite et orale), on parle plutôt de dysgraphie périphérique.

Ainsi, dans le modèle maintenant classique de Ellis, lors de la production écrite, les représentations graphémiques abstraites sont transmises au niveau où sont stockés les allographes. Les allographes sont les formes concrètes que les représentations graphémiques peuvent prendre (majuscules ou minuscules, cursives ouimprimées). Un déficit à ce niveau donnerait lieu à des confusions entre les cas et les styles des lettres (majuscules/minuscules, imprimées/cursives) et à des substitutions de lettres visuellement similaires.

A un stade ultérieur, les patterns moteurs graphiques (ou codes graphomoteurs) spécifient les traits des lettres en termes de leurs séquences, direction et taille. Un déficit à ce niveau donnerait lieu à des erreurs de substitution basées sur la similarité destraits des lettres.

Cet article concerne les dysgraphies périphériques et, plus spécifiquement, les représentations allographiques.

Les auteurs commencent par faire une revue de la littérature qui suggère que les variantes des formes des lettres pourraient être représentées de manière indépendante et être indépendamment atteintes suite à une lésion cérébrale. Il en ressort globalement qu’une double dissociation entre majuscules et minuscules semble établie. Pour le style des lettres, une dissociation simple a été décrite mais la démonstration de l’existence d’une double dissociation n’a jamais été apportée.

Suit alors l’étude de deux sujets (AF et EZ) dont le diagnostic de démence d’Alzheimer probable de sévérité moyenne (AF) ou moyenne à modérée (EZ) est posé.

L’analyse détaillée de leurs performances quantitatives et qualitatives respectives dans des tâches diverses (praxies constructives et idéo-motrices, lecture, épellation orale, répétition, écriture copiée, écriture sous dictée, dénominationécrite, transpositions entre différents codes, écriture de nombres en chiffres arabes, jugements perceptuels et sur images mentales quant à la forme des lettres et quant à la forme des objets) conduitles auteurs à postuler l’indépendance des représentations cursives
et imprimées des lettres (les styles des lettres).

En effet, AF ne peut écrire en cursives mais bien en style imprimé alors que EZ présente un pattern inverse.

Après avoir discuté toute une série d’interprétations alternatives potentielles, les auteurs interprètent les résultats comme témoignant d’un trouble d’accès aux représentations allographiques pour le style affecté.

Une double dissociation aurait ainsi été démontrée, non seulement entre les cas des lettres (majuscules versus minuscules), mais aussi entre les styles des lettres (cursives versus imprimées).

La lecture de l’article original vous instruira sur la pertinence des diverses tâches proposées et sur l’analyse et l’interprétation interactive rigoureuse des performances des patients à chacune d’elles.

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