Robertson et al.,2002.

Titre: Rehabilitation by limb activation training reduces left-sided motor impairment in unilateral neglect patients: A single-blind randomised control trial.
Auteurs : Robertson, I.H., McMillan, T.M.., MacLeod, E., Edgeworth,
J., & Brock, D.
Revue : Neuropsychological Rehabilitation, 2002, 12 (5), 439-454

Sujets

40 patients souffrant d’une lésion hémisphérique droite et d’une héminégligence gauche (score < ou = 51 au test de barrage d’étoiles du Behavioural Inattention Test ou score < ou = 7 au test de bissection de lignes du BIT avec au moins deux des trois lignes coupées à droite du centre).

Les sujets sont aléatoirement répartis en deux groupes : 19 seront intégrés dans la condition LAT + PT et 21 dans la condition PT seule (voir plus loin).

35 patients ont pu être suivis 3 mois après la phase expérimentale, 32 ont été suivis 6 mois après et 26 ont pu être suivis 18 à 24 mois plus tard.

Conditions expérimentales

Chaque sujet a bénéficié, en plus de ses prises en charge habituelles, d’une séance de rééducation de 45 minutes par semaine, et cela durant 12 semaines (phase expérimentale). On notera que les patients du groupe PT ont eu statistiquement plus d’heures de rééducation habituelles que ceux du groupe PT + LAT, du moins durant les trois premiers mois qui ont suivi la phase expérimentale.

– PT (Perceptual Training) + LAT (Limb Activation Therapy). Les patients de ce groupe bénéficieront de 12 séances durant lesquelles des exercices d’entraînement perceptuel sont proposés (lecture, écriture, barrages, jeux de dominos et de cartes, …).
Durant ces séances, un LAD (Limb Activation Device) est aussi attaché du côté gauche du corps (bras, jambe ou épaule). Ce LAD est programmé pour qu’il émette un bruit si un mouvement n’est pas réalisé avant la fin d’une période de temps déterminée. Au début cette période était fixée à 30 secondes. Elle était graduellement raccourcie en fonction des performances des patients de façon à augmenter au maximum le nombre de mouvements réalisés.
– PT (Perceptual Training only). Les patients de ce groupe sont soumis aux mêmes exercices de balayage visuel et un LAD est placé sans être activé. On dit simplement aux patients qu’il est là pour attirer leur attention sur le côté gauche du corps.

Les mesures

On l’aura sans doute compris, les patients sont testés à 5 moments :
– T1 : avant la phase expérimentale
– T2 : juste après
– T3 : 3 mois après
– T4 : 6 mois après
– T5 : 18 à 24 mois après

Plusieurs mesures sont effectuées :
– Mémoire (rappel d’un texte) en T1
– Champs visuels et extinction visuelle en T1
– Extinction tactile en T1
– Echelle d’anxiété/dépression en T1
– Test d’attention en T1
– Test des ballons (test d’héminégligence en T1 et T5)
– Une mesure de nosognosie en T1 et T4)
– Echelle de Barthel et/ou échelle de Nottingham (mesures d’indépendance fonctionnelle), échelle d’évaluation fonctionnelle de l’héminégligence de Catherine Bergego et Indice de Motricité (voir pour plus de détails l’article de Collin & Wade : Assessing motor impairment after stroke : a pilot reliability study, Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 1990, 53, 576-579) en T1, 2, 3, 4 et 5
– Plusieurs test d’héminégligence, à savoir le BIT (Behavioural Inattention Test), tests du rasoir et du peigne, jugement de l’extrémité la plus proche d’une bissection de lignes de 200 mm de long (le Landmark test)en T1, 2, 3 et 4

Résultats

En phase pré expérimentale, il n’y a aucune différence significative entre les deux groupes en dehors du fait que les patients du groupe PT sont meilleurs au test de mémoire que les patients du groupe PT + LAT.

Parmi toutes les autres comparaisons, une seule est significative. Elle concerne l’index de motricité. En effet, les patients du groupe PT + LAT sont les seuls à présenter une amélioration significative à ce test (membres gauches) et cette amélioration suit la phase expérimentale et se maintient jusqu’en T5 (18 à 24 mois après). De T1 à T5, les scores moyens du groupe sont respectivement : 53.0, 62.0, 66.1, 67.3, 67.7 (le score maximal possible est de 100). Pour les patients du groupe PT, les scores sont les suivants : 44.5, 48.4, 51.0, 49.6 et 44.9.

Interprétation

– Les auteurs n’insistent pas sur les interactions temps x traitement qui ne sont pas observées. En particulier, ils auraient sans aucun doute espéré montrer que les patients mis en condition PT + LAT progressaient plus que ceux mis en condition PT seule dans les tests d’héminégligence et dans les mesures d’indépendance fonctionnelle. Ces interactions n’étant pas vérifiées, ils ne les discutent pas. On peut cependant soulever la question de l’efficacité du traitement par indiçage spatio-moteur (du moins au-delà de l’efficacité d’un traitement perceptuel seul) lorsqu’il est réduit à une séance par semaine. Encore faut-il noter que, contrairement à ceux qui avaient été notés dans des études de cas isolés, les résultats rapportés ici portent sur des comparaisons de groupes.

– Les auteurs se concentrent sur le résultat assez spectaculaire qui tend à démontrer (ces résultats demandent certes à être validés par d’autres études) que l’indiçage spatio-moteur (LAT) a un effet à long terme sur l’évolution des fonctions motrices de l’hémicorps gauche des patients héminégligents. Voilà donc une technique simple, peu coûteuse, intégrée aux autres et qui a donné, en à peine 8 heures de rééducation, des résultats positifs.

Bien que l’exprimant assez différemment, j’espère ne pas trahir les auteurs en disant que l’indiçage spatio-moteur agirait sur la composante attentionnelle (négligence motrice) qui participe ou s’ajoute aux troubles sensitivo-moteurs que présentent souvent les patients hémiplégiques gauches et qui contribue à rendre ceux-ci difficiles à rééduquer. Si tel est le cas, ceci suffirait à justifier l’utilisation de cette technique simple à appliquer.

http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
http://www.psypress.co.uk

Infos complémentaires sur le net :

– Présentation, réalisée par Meunier Marie & Bonjean François (3ième licence en psychologie, 2005-2006) sous la direction de Meulemans Thierry, de l’article suivant :

 

“The effects of visuomotor feedback training on the recovery of hemispatial neglect symptoms: assessment of a 2-week and follow-up intervention.”

Auteurs: Monika Harvey, Bruce Hood, Alice North, Ian H. Robertson

Neuropsychologia, 41, (2003), 886-893

 

http://www.ulg.ac.be/neuropsy/cours/neglect/Bonjean_Meunier.pdf
– Echelle de Barthel : HTM ou PDF
Echelle de Nottingham (PDF)
– Extinction visuelle : définition
– Extinction tactile : définition
Occupational therapy initial assessment (PDF)

Test des ballons

 

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