Concrétude 11

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EFFETS DE LA CONCRETUDE DES MOTS SUITE A UNE LESION CEREBRALE : LES INTERPRETATIONS DES FAITS. (3)

QUE TEND A NOUS APPRENDRE LE PATIENT DRB ?

Toutes les théories examinées ci-dessus lient l’effet de concrétude classique à des différences sémantiques (ou éventuellement lexicales) entre mots concrets et abstraits. Ce que tend à nous apprendre l’étude du cas de DRB, c’est qu’un effet de concrétude peut apparaître sans trouble sémantique central et sans trouble lexical. L’effet est enregistré en compréhension auditive uniquement et, donc, dans le cadre d’un trouble d’accès à des représentations sémantiques qui, elles-mêmes, sont préservées. Dans ces conditions, il se pourrait que tout déficit d’accès à la sémantique s’accompagne d’un effet classique de concrétude. Et il est vrai qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle, de cas décrits qui iraient à l’encontre de cette hypothèse. Une seconde possibilité est que les procédures d’accès à la sémantique ne soient pas identiques pour les mots qui ont un référent concret et pour ceux qui n’en ont pas. Seule l’étude approfondie d’autres patients de ce genre permettra de se faire une idée plus précise.

DRB présente également une anomie pour les mots abstraits que l’on peut attribuer à un problème d’accès aux représentations phonologiques de sortie au départ d’un système sémantique intact.
Une lésion fonctionnelle post-sémantique peut donc aussi donner naissance à un avantage des mots concrets ou, si l’on préfère, à une plus grande vulnérabilité des mots abstraits. A nouveau, rien ne permet aujourd’hui de penser que l’effet inverse soit possible.

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